MERE ET L'ABBAYE SAINT-MAGLOIRE

" La Seigneurie de Méré constituait le centre des possessions de l'Abbaye Saint-Magloire en Yvelines ; un hôtel, une grange dîmeresse, les droits de haute justice attestent l'ancienneté de l'installation de l'Abbaye dans la région. "
(Chartes et documents de l'Abbaye Saint-Magloire - CNRS )

En 970 Hugues Capet, alors Comte de Paris, créa en cette ville l'abbaye bénédictine de S- Magloire.
Il la fit doter de biens, dans ce qui est aujourd'hui appelé " Yvelines ", avec transfert des prérogatives royales sur ces terres (entre autres le droit de haute justice). Ces biens étaient constitués d'un ensemble de paroisses dont certaines furent créées à cette occasion. En particulier, les biens donnés sur la paroisse de Méré-St-Denis furent constitués en une nouvelle paroisse, Méré-St-Magloire, qui cohabita avec le reste de la précédente en se partageant l'église. Ceci perdura jusqu'en 1777, époque à laquelle, par décision du Conseil du Roi, Méré-Saint-Denis et Méré-Saint-Magloire furent réunies en une seule paroisse.
Il n'y eut jamais de prieuré à Méré. L'Abbaye y possédait une maison d'hôte; celle-ci était louée à une personne qui versait un fermage et avait un certain nombre d'obligations comme :
" - élever un verrat et un taureau comme il est de coutume,
- héberger les religieux aussi souvent et aussi longtemps qu'il leur plaisait,
- donner litière, foin et avoine aux chevaux des dits religieux,
- laisser, à la fin du bail, les terres ensemencées comme il les a trouvées,
- laisser à disposition des religieux une grange pour y entreposer les grains de leurs dîmes, et aussi un endroit pour y emprisonner les prisonniers et malfaiteurs de leur justice.   "

(Chartes et documents de l'Abbaye de Saint Magloire - CNRS) .

Cette" Porte Saint-Magloire", portique composé de deux colonnes de pierre et d'un linteau de chêne, date du XVIIème siècle. C'est un vestige de la maison d'hôte de l'abbaye.


Photo parue en 1936 dans un opuscule, de la collection: "Les Biographies Médicales", dédié à François Quesnay.
L'auteur, le Dr H.Chaumartin, y présente ce vestige de la maison d'hôte de l'Abbaye St-Magloire comme la maison natale de François Quesnay.


A partir du XIIème siècle, la paroisse de Méré-Saint-Denis étant passée sous la coupe des Comtes de Montfort
de nombreux conflits se développèrent, tant entre les moines et les marguilliers de Méré-Saint-Denis (voir l'histoire du cimetière), qu'entre les moines et les Comtes de Montfort (voir le personnage Jean Chagrin dont ces deux autorités se disputèrent la dépouille pendant près de 20 ans). E1319,laComtesse de Dreux et de Montfort, institua un droit de passage pour les charrois traversant ses terres pour gagner Méré-St-Magloire. Il fallut une commission de Philippe V, Roi de France, au prévôt de Paris, le chargeant de faire rendre à l'abbé et au couvent St-Magloire le blé et les chevaux saisis sur leurs hôtes de Méré par les gens de la Comtesse de Montfort.
Les biens de l'Abbaye étaient gérés à partir de Méré-St Magloire, par un maire qui avait également délégation pour rendre la justice. A partir de la moitié du XVème siècle, la gestion de ces biens fut répartie entre des receveurs locaux auxquels étaient impartis des droits de justice sur le territoire contrôlé (le père de François Quesnay fut ainsi, de 1689 à 1695, receveur de l'abbaye avec fonction de justice).