Né à Vierzon, Raoul Breton passa toute son enfance dans ce beau pays de Nouan-le-chatelier, cher à George Sand.


Derrière ce visage à la fois souriant et fermé demeurait une force. S'il n'a jamais écrit de poèmes ou de musiques il était habité par la musique et la poésie. Prenant à bras-le-corps les insurmontables difficultés auxquelles se sont toujours heurtés les vrais créateurs il faisait des problèmes sa chose et réduisait à des détails courants ce qui était barrières, incompréhensions et pièges. Il savait d'instinct ce qui était beau et ce qui ne l'était pas, ce qui était "public" et ce qui ne l'était pas.

Il se lança dans l'édition musicale en 1933.
Son édition était ouverte à tous et à chacun. Ici l'on puisait de l'espoir à la source.


Découvreur de talents (Damia, Jean Nohain, Mireille, Charles Trenet, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Félix Leclerc, et bien d'autres), il avait tôt fait de repérer, consolider et guider un talent timide pour en faire une flamme rayonnante et heureuse. Chaque combat livré par l'un de ses artistes était son propre combat. Il y jouait sa vie au quitte ou double. Lui c'était un chêne et eux s'accrochaient à ses branches pour peu que s'annonçât une dérive.
Il devint donc en quelques années, l'un des éditeurs parisiens les plus en vue, puis l'un des éditeurs internationaux les plus côtés.
Il avait comme résidence secondaire
la maison du "Colombier", à Méré,
où se retrouvaient souvent les personnes en vue du monde du spectacle.

Puis un jour, hélas, il prit un bateau pour New-York où souvent il allait. C'était le navire du dernier voyage. Car ce fut là qu'un soir tout craqua en quelques secondes. Une mort à la Cocteau où l'on ne fait que traverser le miroir. Et ce fut pour tous le chagrin le plus profond et le plus vrai. Mais chacun pensait qu'il demeurait là, présent et fidèle, depuis les terres lointaines pour encore guider et conseiller.

Dans ce haut lieu de Méré que connaissent tant de comédiens, de chanteurs, de compositeurs et d'auteurs, il était normal que Raoul Breton fût fêté. Que soit ici concrétisée sa vie de travail et de ferveur. Ce Méré, cher à son cœur, où après les repos des week-ends il demeure maintenant pour le repos final et infini. Quand les passants du dimanche passeront sur cette petite place tellement champêtre, qu'il sache voir, dans ce témoignage dressé là, l'ardente existence d'un homme doux et sincère qui employa ses ans à faire chanter l'univers.

les textes de cette page sont de Louis Amade, sous-préfet et parolier, et ont été écrit pour l'inauguration de la stèle.


Raoul Breton et sa femme," le marquis et la marquise",
sont enterrés au cimetière de Méré.