Quesnay chirurgien/médecin
 

Autodidacte Quesnay prit, en 1711, la décision de se consacrer à la chirurgie dont il acquit les premiers rudiments de la saignée auprès d'un chirurgien d'Ecquevilly qui n'était qu'une sorte de rebouteux que son élève distança très rapidement.

Voulant poursuivre ses études à Paris il obtint l'accord de sa mère sous condition d'exercer une activité qui lui permettrait plus tard de gagner sa vie, à savoir : la gravure. Entrant en apprentissage chez un graveur à Paris le 1er octobre 1711, Quesnay s'empressa de s'inscrire aux cours de médecine de la Faculté, et aux cours de chirurgie de Saint-Côme.

En 1716, ayant terminé son stage d'apprenti-graveur, Quesnay alla exercer quelque temps la chirurgie à Orgerus . En 1718, justifiant de ses apprentissages en chirurgie à Ecquevilly et Orgerus et après avoir suivi les cours du Collège de Saint-Côme, il reçoit ses lettres de maîtrise qui lui permettent de s'installer comme chirurgien à Mantes.

Chirurgien de village parcourant les campagnes, saignant, pansant, administrant des remèdes simples, tels que tisanes et purgatifs, il exerça, contre la loi, la médecine concurremment à la chirurgie. Dévoué, répondant à tous les appels, il eut rapidement une forte clientèle. Chirurgien par vocation, il semble que la pratique de son art lui valut une réputation surtout comme accoucheur. Ses biographes disent que c'est surtout à cause de ses qualités d'obstétricien qu'on fit souvent appel à lui dans les châteaux des environs de Mantes. C'est la rencontre avec le maréchal de Noailles, dans une de ces circonstances, qui décida du reste de sa carrière !

Le maréchal de Noailles lui fit rencontrer le duc de Villeroy, qui le prendra à son service en son hôtel de la rue de Varenne en 1734, et La Peyronie, qui le fera nommer en 1740 secrétaire de l'académie de chirurgie. Il resta secrétaire de fait jusqu'en 1747, puis secrétaire de titre jusqu'en 1751 et secrétaire vétéran jusqu'à sa mort. Sous sa responsabilité fut publié le premier volume des mémoires de l'Académie.

En 1744 il obtiendra le titre de docteur en médecine. En 1749, chez le duc de Villeroy, il intervient avec efficacité et discrétion pour soigner la comtesse d'Estrade. Celle-ci recommandera ce médecin habile et discret à sa parente, la marquise de Pompadour, qui saura convaincre le duc de Villeroy de se séparer de Quesnay en sa faveur. Quesnay s'installe au château de Versailles au printemps de 1749 et restera jusqu'à sa mort, en 17774. Médecin de la marquise de Pompadour, il est également médecin consultant, puis en 1752, premier médecin ordinaire auprès du roi.

Ce n'est pas son activité médicale qui fit passer Quesnay à la postérité, mais la renommée qu'il acquit dans cette pratique lui permit d'effectuer une extraordinaire ascension sociale qui le mit en situation de faire ce pour quoi il est maintenant reconnu. Il eut, toutefois, de son temps une certaine renommée due à :

  • De nombreux traités publiés, notamment : sur les effets de la saignée, la suppuration et la gangrène, les fièvres continues, l'ergotisme… qui eurent quelques retentissements à l'époque,
  • Son tempérament de polémiste qui le fit batailler avec certains médecins, dans le cadre de la controverse qui opposait, à l'époque, médecins et chirurgiens, Quesnay étant aux avant-postes dans ce conflit,
  • " Son action dans le cadre de l'Académie de chirurgie qui, grâce vraisemblablement à la position de Quesnay à la Cour, obtint en 1750 d'être sur un pied d'égalité avec l'Académise de médecine. Cette reconnaissance faisait suite aux polémiques ci-dessus et à l'important travail de Quesnay au secrétariat de cette Académie. Il fit paraître le premier volume des " Mémoires de l'Académie de chirurgie " en 1743.