François Quesnay économiste

Fondateur du premier système d'économie politique à caractère scientifique, Quesnay ne s'est engagé dans cette nouvelle voie qu'à l'âge de soixante ans, poussé en cela par son expérience médicale et par le mouvement général d'intérêt pour les questions économiques.

Diderot et d'Alembert lui offrent une première occasion d'exposer, dans "l'Encyclopédie"ses théories sur la terre considérée comme unique source de richesses, sur la nécessité de rendre la liberté au commerce des grains, etc...A la Cour, Quesnay obtient la participation effective du Roi et de la Marquise de Pompadour à l'impression de son fameux "Tableau économique" (décembre 1758) qui devient l'évangile de la secte physiocratique.

Le Tableau économique qui, un siècle plus tard, suscita l'admiration de Marx lui-même, devait être à la source des futurs systèmes de comptabilité publique. Bientôt se réunit autour du docteur un cercle de disciples parfois plus sectaires que le maître. Les plus notoires sont Mirabeau, Dupont (qui n'est pas encore de Nemours), Le Mercier de la Rivière, Baudeau, Le Trosne…Successivement, le "Journal de l'Agriculture", puis "les Éphémérides du Citoyen" servent de tribune au mouvement. La propagande physiocratique gagne le public, le gouvernement, les pays étrangers. En 1763 et 1764, des arrêts rendent la liberté au commerce du bétail, puis à celui des grains. Le mouvement atteint son apogée en 1774, avec l'arrivée de Turgot au pouvoir. Mais deux ans après, la politique réglementaire finit par reprendre le dessus et la doctrine physiocratique devait attendre un siècle pour se voir remise à l'honneur.

Vers la fin de sa vie, Quesnay qui, en plus de la médecine et de l'économie, s'était également intéressé à la philosophie, se tourna vers les mathématiques. Les résultats de ses dernières recherches ne furent pas toujours très convaincants, mais ils témoignent encore de l'ouverture exceptionnelle de son Esprit.

Le tableau économique