Au XIXème siècle cette propriété était le presbytère. Sur un vaste terrain, clos de murs et planté de deux magnifiques rangées de tilleuls, se trouvait, en son extrémité, une petite maison. Monsieur Cappelet, maire de Méré (1816-1827) et propriétaire de cet ensemble, le légua à la commune sous condition de lui garder cette fonction de presbytère. Il en sera ainsi jusqu'à ce que les desservants se regroupent à Montfor-l'Amaury.
Monsieur Cappelet et son épouse eurent, au cimetière, une place d'honneur, juste devant le portail de l'église, où leur tombe est toujours présente. C'est probablement pour honorer de grands bienfaiteurs de la paroisse que le privilège de cet emplacement leur fut accordé.


En 1898 une polémique s'engagea entre le curé et le maire. Pour résoudre un problème d'alignement sur la " Grande Rue " (avenue du général de Gaulle) la municipalité proposait d'empiéter sur ce terrain (propriété communale); ce projet amenait l'élimination d'un certain nombre de tilleuls. Le curé protesta sans succès et, en désespoir de cause, s'en ouvrit auprès de l'évêque pour qu'il intervienne afin d'éviter de défigurer " …le presbytère de Méré qui, avec son allée de 90 tilleuls est, sans contredit, un des plus beaux du diocèse de Versailles ". La lettre se termine ainsi : " ..j'aime à croire que le motif de cette mutilation incompréhensible ne vient pas du fait qu'il s'agit d'un presbytère ". Le conflit semble s'être bien terminé puisque les tilleuls sont encore là.

Lorsqu'il n'y eut plus de curé résidant à Méré, cette propriété est revenue dans le domaine communal, puis vendue. Une nouvelle maison y fut construite au début du XXème siècle.
Un dimanche soir de juin 1939, Colette et Maurice Goudeket, revenant des Mesnuls où ils avaient passé la journée chez des amis, voient à Méré cette maison, nantie d'un grand jardin, avec un mur recouvert sur 60 mètres par une glycine. La propriété est à vendre. Maurice est chargé d'aller voir le propriétaire et d'accepter son prix. Le Parc est acheté sur le champ. La glycine et la proximité des amis des Mesnuls le rendait irrésistible.


L'allée de tilleuls, telle qu'elle était à l'époque.

Colette l'appelait son chemin de ronde

Fin 1939, Colette et Maurice qui venaient à Méré que les fins de semaines, verront cette maison réquisitionnée pour un détachement de soldats marocains. La propriété sera récupérée le 3 juin 1940 et pour éviter une nouvelle réquisition, Colette s'y installera, à plein temps, pour attendre la fin de cette " … drôle de guerre ".


Colette au "Parc".

Le 12 juin l'exode l'entraînera loin. Revenue à Paris en septembre, Colette ne peut pas venir à Méré car la rareté de l'essence, l'incertitude des transports, la craint des rafles rendent les déplacements difficiles et incertains." Le Parc" sera revendu en octobre 1941.

Après la guerre cette demeure a été rebaptisée "La Pastorale", puis elle a été divisée en deux et une nouvelle maison y a été construite. Coupée en deux par un mur, l'allée de tilleuls a perdu de son attrait. Un reste de glycine, seul, peut encore rappeler le coup de foudre de l'écrivain pour ce lieu.