En haut de la colline, proche du château de Montfort l'Amaury, EGREMONT (AIGREMONT jusqu'à la révolution), du fief de Montrosty, était considéré comme une petite terre sans rapport. Il y avait malgré tout des moulins, dont le plus important, le moulin d'Héricourt, jouxtait une grande ferme. La "mare de l'abîme" (aujourd'hui comblée) se trouvait dans ce secteur. "L'église St Nicolas", au carrefour de l'actuel route de St Léger, disparut très tôt et fut par la suite remplacée par "l'auberge St Nicolas".
En 1704, Madame de Forcadel, châtelaine de Groussay, remporte l'adjudication du domaine de Beauregard; ce domaine regroupait l'essentiel des terres et des biens situés à Aigremont. Cette dame initia les transformations de la ferme de Beauregard à Egremont, qui était en U; il ne subsista,alors, que l'aile Est,qui constitua les communs de la belle maison de Beauregard d'Aigremont construite à la place du reste de la ferme.
Les différents propriétaires du château furent, successivement :
- Madame de Forcadel, également châtelaine de Groussay, (1704-1739)
- la famille Vauthier de Diancourt, jusqu'en 1764
- la famille Le Pipre, jusqu'en 1803
- Roucher d'Aubanel, frère du poète Roucher, receveur des gabelles, guillotiné le même jour qu'André Chénier (1803-1808)
- Monsieur Lagarde (1808-1814)
- Monsieur Cappelet, alors Maire de Méré, puis ses héritiers (1814-1861)
- Monsieur de Vergès (1861-1862)
- Monsieur de Liniers, ( 1862-1902), qu'épousera Madame de Vergès, veuve du précédent propriétaire
- la famille Guyot-Sionnest, (1902-1969)
- Monsieur de Vitry, ancien Maire de Méré, depuis 1969.
La façade en 1900 et de nos jours


Madame de Forcadel entretenait un ami, Monsieur de Diancourt. Lorsque, âgée, elle fit son testament, elle n'accorda que 200 livres de rentes à ce dernier. Elle confia ce testament au curé Folleville, de Méré. Voyant que ce dernier essayait de lui faire changer le contenu de son testament, elle essaya en vain de le récupérer. Elle se plaignit alors au notaire de Montfort et rédigea un codicille stipulant que toute nouvelle modification devrait être considérée comme nulle. Elle fit part de cette démarche au curé Folleville en lui disant : " J'ai donné 4000 livres à Monsieur de Diancourt pour qu'il puisse s'acheter sa charge de capitaine ; il passe tous ses quartiers d'hiver chez moi, cela suffit ! ".A la mort de Madame de Forcadel, Monsieur de Diancourt épousera Madame Madeleine Alain, unique héritière de Madame de Forcadel, et deviendra ainsi propriétaire de Groussay et Egremont.


Monsieur Guyot-Sionnest acheta la propriété en 1902;et agrandit la maison de deux ailes. En 1940 le domaine s'étendait sur 26ha et 81a, des pentes du Mont Rôti jusqu'à la route de Grosrouvre. Il comprenait une grande maison d'habitation (27 pièces), un ferme, une maison de gardien, des dépendances (remise, garage, buanderie, écurie, grange, serre,...).
Trois générations des deux branches héritières de la famille Guyot-Sionnest, comprenant une cinquantaine d'enfants, occupèrent grandement cette propriété pendant la seconde guerre mondiale. Après un bombardement de la gare, les Allemands déchargèrent rapidement un train de munitions immobilisé sur les voies hors service, et cachèrent son contenu dans les sous-bois d'Egremont. Pendant quelques temps une unité SS occupa, alors, la maison et le parc. La résistance montfortoise ne signala pas cet objectif à l'aviation alliée, en raison de tous les enfants présents sur le site.

Après le décès des parents Guyot-Sionnest, à l'ouverture de la succession, le château et les terrains attenants furent attribués à la branche Guyot-Sionnest et le reste du domaine (les dépendances, une ferme, l'orangerie,...) à la branche Denormandie.
Les communs de 1900 sont devenus "Le clos d'Orgemont"
Monsieur de Vitry racheta en 1969 la propriété des héritiers Guyot-Sionnest, puis quelques terrains environnants pour reconstituer le parc d'origine; il fit une extension dans la partie ouest du château et en supprima la tour, à l'est.
L'arrière, en 1930 et de nos jours