Les origines de Meriacum (ancien nom de Méré)
pourraient être antérieures au IVème siècle, d'après les indices de deux vestiges qui nous renvoient à cette époque :

 - un sarcophage daté de l'empire romain tardif,

 - Les fondations sur lesquelles l'abside de l'église actuelle a été montée.
Elles appartenaient à une construction antérieure dont la forme octogonale fait penser qu'il pourrait s'agir d'un baptistère.


Cette cité située sur une hauteur et bien pourvue en sources, se développa en accueillant des habitants de Diodurum (*) fuyant
l'enlisement.
Un sarcophage de l'empire romain tardif et portant l'inscription : RADONE.
A quel illustre personnage (une femme du fait de la désinence féminine ?) est-il dédié ?

La connaissance que nous avons de Meriacum se précise à partir du VIIIème siècle
.
Faisant partie du domaine royal, c'était alors la cité dominante de la"Pagus Madriacensis" (Comté de Madrie) (**) dont le territoire s'étendait sur les actuelles communes de Méré, Galluis, Grosrouvre, Mareil-le-Guyon, Les-Mesnuls, Montfort l'Amaury (la cité de Montfort n'existait pas à cette époque).
La Paroisse de Merey, dédiée à Saint Denis, apparaît vers 800 dans le
"Polyptique de l'abbé Irminon"(***)
sous l'appellation Sanctus Dionisius in potestate Madriaca" (Saint Denis en Madrie ).


En 980 le roi de France était Lothaire. Il sera, avec Louis V, son successeur, le dernier roi fainéant de la lignée carolingienne. Hugues Capet, alors Comte de Paris, était l'homme fort du royaume. Il fonda l'Abbaye StMagloire à Paris et la fit doter sous seing du roi.
Hugues Capet sera roi de France en 987.

Au Xème siècle la prévôté de Merey, toujours dans le domaine royal, dépendait de la châtellenie de Saint Léger. A la fin de ce siècle, en 980, Hugues Capet fit donner à l'Abbaye de Saint Magloire l'usufruit de biens situés sur la paroisse de Merey-Saint-Denis. Les terres allouées furent constituées en une nouvelle paroisse: Merey-Saint-Magloire qui cohabita avec Merey-Saint-Denis en se partageant la même église.


Au XIIème siècle
, la paroisse de Mérey-Saint-Denis passa, avec la Châtellenie de Saint-Léger, sous la coupe des comtes de Montfort, alors que la paroisse de Mérey-Saint-Magloire restait sous l'autorité de l'Abbaye de Saint-Magloire. Cette situation entraîna quelques heurts entre l'Abbaye et les Comtes car ces derniers admettaient difficilement les prérogatives royales (droit de haute justice) accordées aux moines sur les terres allouées. Cette coupure en deux perdura jusqu'en 1777, date à laquelle, par décision du Conseil du Roi, les deux paroisses de Méré-Saint-Denis et Méré-Saint-Magloire furent réunies en une seule. Un premier plan de Méré fut dressé sous le nom de " Paroisse de Méré-Saint-Denis et Méré-Saint-Magloire réunies ". Il sera publié à cette occasion après un relevé des limites et de l'arpentage de ce qui deviendra la commune actuelle.

La cité s'est appelée Meriacum, Méri, puis Merey jusqu'à la fin du XVIIIème siècle;
Méré est apparu au milieu du XVIIIème siècle.
En 1958, à l'occasion de la célébration du bicentenaire de la publication du "Tableau économique", oeuvre maîtresse de François Quesnay, il fut proposé d'ajouter Quesnay au nom de Méré. Le Conseil d'Etat refusa au motif qu'un patronyme ne pouvait être associé à un nom de commune.

* * *

(*) Diodurum fut une importante agglomération gallo-romaine. Implantée près de l'actuel Pontchartrain, le long de la Mauldre, elle subit les conséquences des déforestations importantes commandées par l'administration romaine. L'érosion qui s'ensuivit nivela le paysage, amenant dans le creux de la vallée les terres entraînées des collines environnantes. Les fouilles ont montré une élévation de près quatre mètres du lit de la Mauldre, provoquant, au cours des siècles, de nombreuses inondations, une importante sédimentation et l'enlisement progressif de la cité. Les derniers îlots habités de cette cité dateraient du Vème/VIème siècle.

(**) Les comtes, ou comités, placés à la tête de régions sont des amis, des compagnons du roi qui leur distribue des " bénéfices ", c'est-à-dire le revenu des terres, en échange de leur loyauté. A cette époque cette charge n'était pas héréditaire.

(***) Irminon était l'Abbé de Saint-Germain-des-Près et le Polyptique était le recensement des biens de cette abbaye